Sénégal: des relations mutuelles mieux adaptées au secteur informel ☏ Mutuelle Santé

MUTUELLE PAS CHÈRE ET EFFICACE
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"Chaque jour, quand je me lève, je prie pour que ni moi ni mes parents ne tombons malades parce que je n'aurai pas les moyens de me soigner. MT, un couturier de 44 ans, mère de deux enfants. Cette phrase est assez courante dans le discours des employés du secteur informel au Sénégal. Une étude sur les dépenses de santé désastreuses montre qu'en 2011, les contributions des ménages au financement des soins de santé restaient élevées au Sénégal, en grande partie à cause des dépenses élevées en médicaments.

L'enquête a montré que 2,59% des ménages avaient des dépenses catastrophiques et que 1,78% des ménages sont tombés dans la pauvreté en 2011, contre 0,96% en 2005.

En 2015, le taux de croissance du Sénégal a continué d'atteindre 6,5% (son plus haut niveau depuis 2003), ce qui semble rester stable en 2016 et 2017. Dans ce contexte de croissance, on peut expliquer que les employés restent vulnérables les risques?

Fatoumata Hane, chargée de cours en anthropologie à l'Université de Ziguinchor au Sénégal (AFD).

Nombreuses initiatives dont l'efficacité reste mitigée

Certaines initiatives ou mécanismes ont certainement été mis en place pour faciliter l'accès aux soins de santé pour les plus démunis ou les "nécessiteux".

Parmi de nombreux dispositifs, nous citerons la loi n ° 62-29 relative aux certificats de pauvreté, permettant une aide financière ponctuelle, une aide financière aux municipalités dans le besoin, des services sociaux d'hôpitaux ou une intervention ponctuelle du Fonds.

Cependant, comme le souligne le sociologue Éric Baumann, ces dispositifs fonctionnent "dans de très petites proportions" et sont souvent inconnus de la population cible.

Le secteur informel est largement exclu

En outre, le système de santé fondé sur le paiement direct exclut une grande partie de la population de l'accès aux soins, à savoir les travailleurs du secteur informel.

En effet, si l’économie sénégalaise repose principalement sur l’agriculture, pilier de la politique économique et sociale, la dernière enquête nationale sur le secteur informel indique que ce dernier emploie 48,8% de la population active.

Comme le montre l'étude, le secteur informel est largement dominé par le commerce, qui représente 64% du chiffre d'affaires et 37% de la valeur ajoutée. En outre, tous les services créent environ 72% de la valeur ajoutée du secteur informel, suivis de l'enseignement secondaire avec 27,4%.

Ce dernier secteur est dominé par le secteur de l’alimentation et du bâtiment, qui a généré respectivement 35,4% et 34,6% de la valeur ajoutée du secteur. Dans l'industrie alimentaire informelle, leur activité est dominée par la transformation des produits de la pêche et la production de glace. En matière de construction, une présence informelle se fait sentir dans toute la chaîne des activités de construction.

Coupe de requins sur la plage de Mballing au sud-ouest de Dakar en 2016. L'industrie de la pêche emploie un grand nombre d'employés informels.

© SEYLLOU / AFP

Pas de protection

Cependant, ces travailleurs du secteur informel sont exclus des systèmes institutionnalisés de protection sociale, comme le montre le tableau ci-dessous, datant de 2007.

Il présente des plans de protection contre les risques pour la santé. Comme indiqué dans le tableau, seuls les employés ou les personnes privées sont couverts.

Auteur fourni

Par conséquent, en réponse à cette absence de protection contre les risques pour la santé des employés du secteur informel, ceux-ci sont nés à la fin des années 1980 de sociétés mutuelles d’assurance.

Une culture de réciprocité pour les employés informels

Trois phases déterminent le développement des mutuelles au Sénégal: la phase de naissance (avant 1994), la phase de diffusion (1994-98) et la phase d’engagement, à partir de 1998.

La Mutual Fandène dans la région de Thiès, créée en 1988, première santé commune du Sénégal, fait office de pionnière.

Ancré dans les communautés et son succès (taux de pénétration élevé) et sa durabilité, il est le point de référence dans le pays. Même aujourd'hui, il est régulièrement invoqué comme preuve de la culture mutuelle au Sénégal et du potentiel des communautés mutuelles pour protéger efficacement les travailleurs du secteur informel et rural contre le risque de maladie.

Santé mutuelle au Sénégal: Fandène fait œuvre de pionnier dans la région de Thiès.

© Laviesenégalaise

En 2015, l'étude expliquait "les fondements de la résilience et de la durabilité" de Fandène Mutual à travers "les conditions de sa création, les caractéristiques de la population cible, la réciprocité renforcée, la gestion, la confiance et la prise de conscience critique des membres et la qualité des soins". Cependant, ces études ont montré que les petites mutuelles et les mutuelles volontaires ont des difficultés à assurer une couverture universelle.

Modèle progressivement soutenu par l'Etat

Le modèle mutualiste s'est rapidement étendu à d'autres régions du pays. En 1997, le Sénégal comptait 19 mutuelles. Dix ans plus tard, il était 129. MHO a reçu le soutien de nombreuses organisations nationales et internationales. L’Etat est également progressivement impliqué dans la promotion et le soutien des systèmes de mutuelles de santé.

En 1998, le ministère de la Santé a créé une unité de soutien à la santé mutuelle, à la lutte intégrée et aux comités de santé (CAMICS). Enfin, en 2004, un plan stratégique pour le développement de la mutuelle de santé au Sénégal a été élaboré.

En plus de la communication avec les destinataires ciblés, l'État soutient le développement du renforcement des capacités, de l'organisation et du développement de la santé mutuelle (communautaire et socio-professionnelle).

Le vaccin contre la rougeole est administré à l'enfant au centre de santé de Dakar en 2017.

© SEYLLOU / AFP

Protection universelle de la santé: réflexion plus longue

La réflexion sur l'assurance maladie universelle (CSU), lancée officiellement à Dakar en 2013, n'a débuté qu'en 2008. Elle s'appuie sur deux observations.

D'une part, les réformes engagées dans les années 90, à savoir le remboursement et la réforme des hôpitaux, ont eu un impact négatif sur le caractère abordable des soins de santé. D'autre part, divers programmes visant à faciliter l'accès aux soins de santé pour les groupes les plus pauvres et les plus vulnérables se sont révélés inefficaces et ne concernaient qu'une petite partie de la population.

Un nouveau programme destiné aux mutuelles

Dans ce contexte, le programme DECAM (Décentralisation d’assurance maladie), financé par Usaid, repose sur un soutien au développement de sociétés d’assurance maladie communautaires dans chaque collectivité locale. Ce programme s'adresse donc à tous les résidents des autorités locales, à l'exception de ceux qui utilisent déjà une assurance maladie basée sur l'emploi.

DECAM comprend un ensemble minimal d'avantages harmonisé (y compris les services postaux et les centres de santé), ainsi qu'un ensemble complémentaire (y compris les services hospitaliers).

Ces services sont couverts à 80% et 50% pour les médicaments spécialisés vendus dans les pharmacies privées, qui ont signé un contrat avec une mutuelle de santé. Les maladies chroniques ne sont pas prises en charge dans le package de soins. L'ensemble de base est géré par les soins de santé mutuels, tandis que l'ensemble complémentaire, financé par la subvention de l'État, est géré par l'Union départementale de la Mutuelle.

Questions nécessitant des systèmes de financement innovants

L’adhésion à une mutuelle de santé est organisée par famille ou par groupe (l’adhésion individuelle est fournie à titre «d'exception»). Il en coûte 1 000 francs CFA (1,52 euro) et la cotisation annuelle est de 7 000 francs CFA (10,61 euros) par bénéficiaire. Cette contribution est toutefois subventionnée à 50% par l'État.

En 2019, l'indice de scolarisation de la mutuelle de santé est estimé à 47% et le taux de couverture cible en 2021. Il est de 80%, mais il inclut les bénéficiaires de divers programmes gratuits et les bénéficiaires du programme de bourses d'études pour la sécurité de la famille (BSF) qui dissimule les faibles. l'adhésion à des sociétés mutuelles, ce qui représente environ 17%. Cela montre le taux autour de la politique de nombre.

Aujourd’hui, les problèmes liés au financement de la CSU restent le principal défi pour sa durabilité au Sénégal, d’où le débat en cours sur la mobilisation de sources de financement innovantes, telles que la taxe sur les appels entrants, la protection universelle de la santé couvrant la diaspora ou le financement de la CSU par les ressources minérales, proposées par les Togian.

conversation

* Fatoumata Hane est sociologue-anthropologue à l'université Assane Seck de Ziguinchor, au Sénégal.

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