Opinion Assurance vie: les fonds en euros n'ont pas d'avenir ☎ Mutuelle Santé

Le rôle d’une mutuelle de santé est de prendre en charge intégralement ainsi qu’à partiellement les dépense de soin non couvertes parmi l’Assurance Maladie. En contrepartie d’une cotisation, les adhérents de la mutuelle santé se voient remboursés leur frais de santé à hauteur du niveau de garanties souscrit.

Contrairement à l’Assurance Maladie, la mutuelle santé n’est pas obligatoire. Chacun est libre d’y adhérer ou non. Toutefois, avec la baisse des remboursements de la Sécurité Sociale, la couverture d’une mutuelle santé est aujourd’hui indispensable. De plus, avec la mutuelle entreprise obligatoire or premier janvier 2016, chacun salarié français bénéficiera d’une complémentaire santé.

Les mutuelles santé françaises sont régies chez le Code de la Mutualité et sont des organismes à but non lucratif dans lesquels les adhérents sont intégrés d’or décisionnel.

Publié 20 novembre 2019 10:09Mis à jour le 20 novembre 2019 à 10:10

Les épargnants français privilégient depuis longtemps les contrats d'assurance-vie constitués de fonds en euros censés apporter une garantie tant recherchée pour protéger leur capital des caprices des marchés financiers. Les chiffres sont saisissants: les fonds en euros atteignent un pic de près de 1 600 milliards d'euros et représentent près de 80% de l'ensemble des assurances vie en circulation en France.

Cependant, le contexte a considérablement changé ces dernières années avec une baisse régulière de la rentabilité. L'émergence de taux d'intérêt négatifs sur les marchés obligataires souverains, notamment des échéances à long terme pour obtenir les meilleures signatures, redessine les parts d'actifs. Les compagnies d'assurance-vie peuvent-elles encore garantir aux assureurs le capital des fonds en euros? Rien n'est moins sûr.

Modifications réglementaires

La législation a déjà commencé à évoluer. Depuis l'adoption de la loi Sapin 2 fin 2016, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a désormais la possibilité de taxer, le cas échéant, les revenus des épargnants disposant de fonds en euros (article 21 bis). Des mesures préventives sont prévues le HCSF peut également suspendre, retarder ou limiter les retraits de ces contrats afin de préserver la stabilité du système financier ou de prévenir les risques qui pourraient exposer les compagnies d'assurance à de graves difficultés financières.

> Lisez aussi:Opinion L'assurance-vie requiert des ambitions sociales

Les mesures prises par le législateur semblent donc justifiées, mais elles ne résolvent pas le problème systémique potentiel lié à l'encours des fonds en euros détenus par les épargnants français dans les contrats d'assurance vie. De plus, un ensemble fiscal attractif sur l'assurance vie est actuellement à la portée des gouvernements. Dès lors, remettre en cause les avantages fiscaux des contrats d'assurance vie conclus avant 1983, envisagés dans le cadre de la revue PLF 2020, représente un nouveau coup dur pour les investisseurs intéressés qui comptent souvent sur cet investissement ouvert et il y a plusieurs décennies pour accumuler des revenus supplémentaires sur à la retraite.

Nouveaux allégements fiscaux

Dans le contexte actuel, il est tout à fait raisonnable d'envisager un scénario de hausse brutale des tarifs, ce qui poserait le risque de signature par les assureurs en cas de rachats massifs de contrats d'assurance vie investis majoritairement en euros. Rappelons qu'une augmentation des taux réduit mécaniquement la valorisation des actifs obligataires. Les règles de partage des excédents (EPI) et les réserves de capitalisation des plus-values ​​s'avéreraient sans doute insuffisantes pour faire face à des mouvements de retrait importants.

Le constat est donc éloquent: non seulement l'assurance vie investie en fonds en euros n'a pas d'avenir en raison des faibles bénéfices versés et des baisses d'impôts sur les anciens contrats, mais aussi du risque systémique que la liquidité de ces contrats est bien réel aujourd'hui. Au lieu de faire face à des «patchs» réglementaires ou même de décourager les Français d'investir dans des fonds en euros en proposant d'augmenter les frais de gestion, ce qui réduira en effet les modestes rendements de ces investissements à zéro, il vaudrait mieux inciter les épargnants à réorienter leur épargne vers l'économie réelle. La prise de risque doit être réellement récompensée, ce qui est loin de la situation en France. Ce choc électrique salutaire peut conduire à la création d'un nouvel instrument d'investissement, avantageux sur le plan fiscal et réellement axé sur le financement des entreprises.

Olivier Grenon-Andrieu est le président d'Equance.

Opinion Assurance vie: les fonds en euros n'ont pas d'avenir ☎ Mutuelle Santé
4.9 (98%) 32 votes